Maina Sage a interrogé Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics, sur la surveillance du domaine maritime national en Polynésie française.

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Ma question, madame la ministre de la décentralisation et de la fonction publique, est relative à la surveillance maritime en Polynésie française.

Notre collectivité est isolée, en plein cœur du Pacifique Sud. C’est un territoire dont la surface maritime est grande comme l’Europe, 5 millions de kilomètres carrés, ce qui représente la moitié de la surface maritime française, un tiers de la surface maritime européenne. La Polynésie dispose de quarante-sept aérodromes, dont quarante-trois territoriaux, de quatre-vingt-huit ports maritimes. Vous imaginez donc bien que cette question de la surveillance maritime et des moyens de transport est primordiale pour notre collectivité. À ce titre, je souhaitais attirer l’attention du ministre des finances sur deux points principaux.

Le premier concerne l’aide que nous apportons à notre fédération d’entraide polynésienne de sauvetage en mer. Nous n’avons pas la SNSM en Polynésie, nous avons une association locale, avec 430 bénévoles qui assurent des missions dans plus de dix points de la Polynésie et, très franchement, l’aide qui leur est accordée est minime. Je souhaitais donc demander au Gouvernement de renforcer son soutien financier à cette fédération, ne serait-ce que pour équiper les bénévoles.

Le second point, le plus grave, concerne la surveillance maritime de notre zone puisque nous avons perdu le patrouilleur des douanes, l’Arafenua. Il opérait des missions de surveillance douanière, de contrôle des bateaux de plaisance, de pêche, de commerce, mais assurait aussi un service redéployé des douanes, essentiellement dans les îles éloignées, venait en relais pour des actions douanières à terre, des actions de surveillance au profit de notre environnement, des actions de sauvetage en mer. Ce patrouilleur s’est échoué en juin 2013 et, malheureusement, la brigade qui lui était dédiée a été redéployée au sein d’autres brigades. Très concrètement, nous sommes passés de 150 jours de surveillance en mer à 80 jours.

Nous sommes donc inquiets. Comme je l’ai souligné, c’est un territoire grand comme l’Europe, qui représente la moitié de la surface maritime française. Ne serait-ce que pour la sécurité de notre espace maritime, nous vous sollicitons parce que nous sommes dans une période où nous devons renforcer notre sécurité au titre de la lutte contre le terrorisme.

Ce sont tous ces enjeux qui se jouent aujourd’hui de l’autre côté de la planète, il ne faut pas nous oublier. Nous comptons sur vous madame la ministre, pour relayer ce message au sein du Gouvernement. C’est une urgence, c’est primordial pour la sécurité de tous les Français.

En réponse, le Ministre s’est engagé dans un premier temps à mettre à disposition les fonds nécessaires pour soutenir l’action bénévole des sauveteurs en mer de la FEPSM.

Sur la question de la présence maritime de l’État en Polynésie, le Secrétariat Général de la Mer cherche par ailleurs des solutions pour remplacer le patrouilleur Arafenua, perdu en juin 2013. Il évalue actuellement plusieurs options à long terme :

  • le développement du renseignement maritime, pour exercer des contrôles plus ciblés
  • la redéfinition des moyens de l’État sur la zone
  • l’exploitation d’images satellitaires

La solution identifiée fera l’objet d’un échange avec les collectivités concernées.

Maine Sage a également demandé de redéployer un bâtiment existant comme solution d’urgence et restera attentive aux solutions à long terme en cours d’expertise.

 

 

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