Maina Sage a suivi le déplacement de Najat Vallaud-Belkacem en Polynésie française. Une visite officielle qui a permis à la ministre de l’éducation nationale de mesurer tout l’enjeu des distances et de l’isolement de nos îles.

L’opportunité également d’apprécier les talents de notre jeunesse polynésienne, avec ci-dessous un spectacle du Lycée du Taaone.

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Communiqué de la Présidence

A l’occasion de la venue de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, samedi soir à la Présidence de la Polynésie française, et de la signature de la convention décennale Etat-Pays relative à l’éducation, le Président Edouard Fritch a prononcé un discours dans lequel il a évoqué le système éducatif polynésien. « C’est la première fois qu’un ministre de l’Education nationale en exercice se déplace dans notre pays. Nous apprécions votre geste à sa juste valeur », a souligné le Président, en indiquant que la Charte de l’éducation actualisée et la convention décennale signée dressent un bilan du système éducatif et des perspectives pour les années à venir, avec pour seul objectif l’intérêt et la réussite de l’élève.

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Le Président a salué l’action du monde de l’éducation dans son ensemble, pour les résultats globaux obtenus, qui bien qu’en deçà des références métropolitaines, s’en rapprochent peu à peu depuis ces dernières années, montrant par là même une progression de l’efficience du système éducatif polynésien. Ainsi, en Polynésie française, le taux global d’admis au baccalauréat a été en 2015 de 79,1% contre 71,8% en 2007, soit une progression de 7,3.

Le Président a également félicité la ministre de l’Education du gouvernement de la Polynésie française, Nicole Sanquer-Fareata, pour avoir ouvert un vaste chantier d’actualisation de la Charte de l’éducation et de la convention décennale Etat-Pays relative à l’éducation, ce chantier ayant été piloté dans une dynamique partenariale, interministérielle et participative. La convention décennale traduit ainsi clairement le passage d’une convention de moyens à une convention d’objectifs partagés, ceux de la Charte de l’éducation actualisée. Ces objectifs partagés font l’objet d’une codification affinée, mais complémentaires, des compétences de l’Etat et du Pays. La convention décennale précise également les modalités de participation financière du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le Président a souhaité vivement remercier la ministre de l’Education nationale pour le co-financement des internats de Faa’a, Mahina et Atuona.

Un plan ambitieux de rénovation et de construction des internats a été lancé par le Pays et la participation de l’Etat sera nécessaire pour ce dossier dans une dynamique pluriannuelle. Ce sujet est particulièrement important au vu des réalités géographiques, lesquelles impliquent aussi pour le Pays d’avoir des établissements scolaires sur l’ensemble de la Polynésie, avec des coûts importants également en termes de transport scolaire.
Sur ce point, depuis dix ans, la participation de l’État a fortement diminué pour correspondre aujourd’hui uniquement à 30 % du budget total dévolu aux transports scolaires. La dotation de l’État, stabilisée à 4 024 000 € (environ 480 millions Fcfp) entre 2006 et 2009, a en effet été ramenée à 2 600 000 € (environ 310 millions Fcfp) en 2015, soit une réduction de 35%, tandis que sur cette même période les dépenses ont progressé de 18%. Le coût du transport scolaire assumé par la Polynésie française pèse significativement sur son budget. Afin de maintenir la gratuité du transport scolaire au bénéfice de tous élèves de Polynésie française, en particulier pour ceux des archipels, la participation de l’État gagnerait à être reconsidérée.

Evoquant aussi l’enseignement du Reo Tahiti à l’école, l’océanisation des cadres, le Président a souhaité également que la ministre de l’Education nationale puisse intervenir auprès du gouvernement central pour ouvrir rapidement à la Polynésie française l’accès au Fonds très haut débit, ce qui permettrait la pose d’un câble sous-marin de télécommunication reliant les archipels à Tahiti et au reste du monde, avec ainsi une meilleure égalité des chances pour tous les élèves polynésiens.

Le Président a conclu son discours par ces mots : « Nous croyons en notre système éducatif, et plus encore au potentiel de nos partenaires, de nos personnels, et surtout de nos élèves et de leurs familles. L’école a un rôle fondamental, puisque qu’elle doit concourir durablement à transformer notre société en un monde meilleur. Elle doit contribuer à former des citoyens responsables, à faire épanouir l’autonomie des personnes et à consolider notre vie démocratique ».