La Délégation aux Outre-mer organisait ce mercredi, une rencontre-débat sur le thème « Ultramarins de l’hexagone : du stéréotype à la réalité ». Cette réunion s’est tenue en présence de Mme George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, de Mme Sophie Elizéon, Déléguée interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, de M. Hugues Cazenave, Président fondateur de la société Opinion Way, de Mme Audrey Célestine, docteure en sciences politiques, et de M. Antoine Prudent, Président de l’Observatoire national des originaires d’Outre-mer (ONDOM).

Retrouvez ci-dessous l’intervention de Maina Sage.

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 Je voudrais souligner le fait que nous regrettons d’avoir si peu de statistiques sur la Polynésie française et les autres territoires du Pacifique. D’une certaine manière, nous sommes doublement discriminés. Mais nous allons rester optimistes et constructifs, comme le sont une grande majorité des ultramarins en hexagone – ce qui est une belle surprise de ce baromètre.

Je voudrais faire quelques remarques sur la perception que l’ensemble des Français de l’hexagone ont des atouts de l’outre-mer. En effet, certains clichés persistent : belles destinations, belles plages, et j’en passe… Même si l’environnement de l’outre-mer constitue une richesse naturelle, cela ne doit pas occulter la richesse humaine, les activités de ces territoires, leur économie propre, qui sont de réels atouts pour la France de par le monde.

J’insiste lourdement sur ce point parce que l’on a le sentiment, lorsque l’on vient à Paris, d’être dans une démarche de demande permanente. Et de l’autre côté, on perçoit des a priori à notre égard, et une méconnaissance, de la part des élus nationaux, de ce que l’on peut apporter en échange.

Une certaine solidarité existe, entre ce que nous demandons effectivement à l’État français en raison de nos handicaps structurels ou de nos retards en matière de développement économique et social, et ce que l’outre-mer peut faire pour soutenir la France, au niveau international, comme sur des enjeux économiques ou géostratégiques forts. Vous savez que la Polynésie s’est illustrée ces cinquante dernières années dans ce domaine, puisque nous avons accueilli la politique des essais nucléaires français, ce qui n’est pas rien ; et nous restons une terre d’accueil pour la recherche et l’innovation.

Ne pourrait-on pas réaliser un audit qui servirait de base pour un programme de promotion des outre-mer, allant au-delà des aspects touristiques de la carte postale ?

Dans la même façon, ne pourrait-on pas réaliser un audit sur les moyens mis en œuvre au niveau national pour « parler de nous autrement », et cela dès l’école maternelle ? Je ne sais pas très bien, concrètement, comment l’outre-mer est intégré dans les programmes nationaux, mais en Polynésie, nous travaillons à améliorer et à affiner nos programmes, pour que nos enfants connaissent, par exemple, leur propre histoire – qu’ils connaissent moins bien que l’histoire de France. Que fait-on, dans l’autre sens, au niveau national ? 

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