L’Assemblée nationale a voté mercredi 18 mars la création de l’Agence française pour la biodiversité (AFB), élément central du projet de loi sur la biodiversité de la ministre de l’écologie Ségolène Royal, actuellement examiné à l’Assemblée nationale.

Selon ce texte examiné en première lecture cette semaine par les députés, l’AFB devra œuvrer en faveur d’une meilleure préservation des espaces naturels, de leur faune et de leur flore, et d’une action plus concertée des services de l’Etat.

Elle regroupera à compter de 2016 les 1 200 agents de quatre organismes existants : l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et les Parcs nationaux de France. Par contre, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) — comme l’Office national des forêts (ONF) — n’est pas inclus dans cette agence, au grand regret d’associations mais aussi de Geneviève Gaillard, la rapporteure socialiste du texte, qui y voient l’influence du lobby des chasseurs.

285 millions de budget

La création de l’AFB avait été promise par François Hollande lors de la première conférence environnementale en 2012 et elle est parrainée par l’astrophysicien Hubert Reeves. L’AFB sera le deuxième grand opérateur de l’Etat en matière d’environnement, avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dotée d’un budget de fonctionnement de 226 millions d’euros, plus 60 millions tirés des investissements d’avenir pour des projets liés à l’eau et à la biodiversité, selon une annonce récente de la ministre, elle sera chargée d’un appui technique et financier, d’une gestion des parcs naturels marins et de la police de l’eau, d’une action internationale, de recherche et communication.

Soulignant que 80 % de la biodiversité française se situe outre-mer, les élus ultramarins se sont battus pour qu’une place plus importante lui soit accordée dans l’AFB. Finalement, les députés ont voté à la quasi-unanimité un amendement UDI augmentant de 39 à 44 le nombre de membres du conseil d’administration de l’agence et attribuant ces cinq sièges supplémentaires à des représentants « de chacun des cinq bassins écosystémiques ultramarins ».

Le président du conseil d’administration sera désigné par le président de la République, au sein et sur proposition du conseil, en vertu d’un autre texte débattu en même temps par les députés. L’Assemblée poursuit jusqu’à jeudi l’examen des autres dispositions du projet de loi.

 

Source : Le Monde