L’assemblée a rendu un avis favorable au projet de loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer grâce aux voix du groupe RMA.

L’assemblée a rendu un avis favorable au projet de loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer grâce aux voix du groupe RMA.

PAPEETE, 22 juillet 2016 – Les élus de l’assemblée ont prononcé un avis favorable au projet de loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer.

Le texte aura été soumis pour avis à toutes les collectivités françaises ultramarines définies par les articles 73 et 74 de la constitution française de 1958. Le projet de loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer doit être évoqué en Conseil des ministres à Paris le 3 août prochain, avant d’être débattu dès la rentrée parlementaire, en septembre.

Vendredi, saisis pour avis dans le cadre de la première séance de la session extraordinaire, une majorité de représentants de la Polynésie française s’est prononcée favorablement à ce projet de loi, par 30 voix du groupe Rassemblement pour une majorité autonomiste (RMA) et malgré l’abstention des 17 élus du groupe Tahoera’a et le vote défavorable du groupe indépendantiste Union pour la démocratie (UPLD).

Ce projet de loi de programmation sur l’égalité réelle outre-mer est inspiré des 35 recommandations du rapport Lurel. Il vise à assurer à tous les Français les mêmes chances de s’épanouir dans l’exercice de leurs activités professionnelles et dans leur vie privée en œuvrant à la réduction des écarts de développement entre les collectivités françaises ultramarines et l’Hexagone, à l’horizon des 20 prochaines années et dans le respect du statut propre à chacune.

C’est d’ailleurs dans ce sens que l’avis favorable donnée vendredi par la représentation polynésienne a été assorti d’une proposition de modification précisant l’élaboration d’un plan de convergence économique « en tenant compte des institutions, du régime législatif et de la répartition des compétences propres » de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie et pouvant comporter « un volet relatif aux communes ».

Le groupe Tahoera’a a exprimé son accord de principe avec la reconnaissance des inégalités relevées dans le rapport Lurel ; mais a réservé son avis sur ce projet de loi parce que « nous n’avons pas la même vision », explique Teura Iriti. « La résolution de nos problèmes de développement et d’avenir ne peut se faire que dans le cadre d’une concertation globale entre les forces vives du Pays et l’Etat ».

Le groupe souverainiste s’est prononcé défavorablement par cohérence avec son crédo politique. L’ancien sénateur Richard Tuheiava a remarqué au passage à l’attention du groupe RMA l’apparente contradiction à « défendre d’une part son autonomie au sein de la République et de l’autre son égalité réelle : ne sommes-nous pas en train d’assister à la naissance d’un groupe politique départementaliste ? ».

« Au cœur des accords de Papeete »

La députée Maina Sage, représentante RMA, est intervenue en soulignant les retards de développement qui s’étaient accrus sur le Territoire au cours des 15 dernières années. Depuis 2000 le produit intérieur brut par habitant a stagné à 2 millions Fcfp en Polynésie alors qu’il est de 3,34 millions Fcfp en Nouvelle-Calédonie et de 3,9 millions Fcfp (32500 euros) dans l’Hexagone. Le Territoire est au 75e rang mondial sur la base de l’Indice de développement humain (IDH), alors que nos voisins calédoniens sont 50e et que la France est 20e. Ici le taux de pauvreté et de 18,9 % contre 7,1 % en Métropole, l’espérance de vie y est inférieure de 5 ans, le taux de chômage deux fois plus important, l’accès à l’éducation plus difficile, la précarité des jeunes plus importante. « Le rapport Lurel a le courage de mettre en relief ces réalités », a noté Maina Sage en lançant à l’adresse du groupe souverainiste : « Je me demande où nous en serions si nous étions indépendants ; la situation de certains états voisins du Pacifique mérite sincèrement de se poser la question ».

Mais pour le groupe souverainiste « le maintien du colonialisme est l’entrave principale au développement des peuples » et le fondement jacobin de ce projet de loi de programmation ne change rien à la donne.

Le fait est que la loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer servira, pour la Polynésie française, de relais au futur Accord de Papeete sur lequel travaille le gouvernement avec Paris. La conclusion de ce contrat d’objectifs Etat-Pays avait été annoncée avant la fin de l’année par François Hollande, lors de sa visite officielle à Tahiti en février dernier. Edouard Fritch avait de son côté assuré le 9 juin dernier que cette loi sur l’égalité réelle outre-mer « sera au cœur des accords de Papeete ». Les secteurs prioritaires cités seront l’éducation, la santé et la communication au sens large, incluant la continuité territoriale, les transports maritimes et aériens, les télécommunications et le numérique.

Source : Tahiti infos