Intervention de Maina Sage dans le cadre de l’audition conjointe de Marisol Touraine, ministre de la Santé, et George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, sur le projet de loi relatif à la santé.

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 Je partage le diagnostic qui a été fait sur les spécificités de nos problématiques ultramarines, et je suis favorable à l’introduction d’un volet « outre-mer », notamment en matière de prévention. En effet, tous les territoires rencontrent à peu près les mêmes problèmes, qu’ils soient liés à la drogue, à l’alcool, aux grossesses précoces, etc.

La Polynésie est un territoire autonome, qui s’assume sur le plan de la santé. Aujourd’hui le coût de notre protection sociale généralisée atteint environ un milliard d’euros, que nous finançons en grande partie nous-mêmes – par des cotisations patronales et salariales, et par des taxes. Mais nous bénéficions également du soutien de l’État, et je tiens à vous remercier pour l’avancée obtenue sur votre participation à notre régime de solidarité. Néanmoins, nous avons aussi des problématiques communes. Ne serait-ce qu’à ce titre, je souhaiterais que la Polynésie puisse être informée, et même associée, face aux politiques ou aux stratégies nationales qui peuvent être déployées en matière de prévention.

S’agissant du diagnostic outre-mer, je voudrais rappeler que nos territoires sont différents par leur climat et que certains, comme la Polynésie, peuvent être très isolés, voire fragmentés. Nous sommes d’ailleurs conscients que certains rattrapages ne pourront jamais avoir lieu, dans la mesure où nous devons faire face à des handicaps structurels liés à la fragmentation de notre territoire. J’aimerais que, dans ces analyses, vous preniez ces éléments en compte.

S’agissant de la coopération régionale, je suis moi aussi très intéressée. Vous savez que nous avons demandé à l’État de disposer de médecins militaires. En effet, notre isolement et l’éparpillement du territoire n’encouragent pas les médecins libéraux traditionnels à se déplacer. Nous avons beaucoup de mal à les attirer et, dans certains atolls, les conditions de vie s’apparentent à celles de commandos. Nous avons donc fait appel à la Défense et je voudrais savoir si vous auriez des éléments à nous apporter à ce sujet.

Mon dernier point concerne ce projet de loi et la question de la répression. J’ai constaté qu’il y avait quelques éléments concernant l’alcoolisme. En Polynésie, nous en venons à nous demander s’il ne faudrait pas mettre en place des bonus et des malus pour dissuader certaines pratiques et certains modes de consommation chez des malades de longue durée.