La délégation officielle de la Polynésie française à la COP 21 a fait entendre la voix des peuples océaniques lors des Journées dédiées aux Océans, les 3 et 4 décembre, au Bourget, en région parisienne.

Le ministre en charge de la Culture et de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, qui était, pour cet événement, coprésident de la conférence intitulée « océan et atténuation », a souligné l’importance de protéger les espaces océaniques, et notamment la zone économique exclusive (ZEE) polynésienne du pillage qui s’organise à ses abords, en zone internationale. Il a rappelé la difficulté pour les pays et territoires d’Outre-mer (PTOM) d’être à la fois autonomes et français : il a demandé à ce titre, de clarifier les partenariats financiers et d’accéder aux fonds spécifiques dédiés à la lutte contre le changement climatique.

Loin de n’être qu’une victime, la Polynésie française s’est présentée comme actrice de cette lutte. Les délégués ont rappelé tout au long de leurs interventions que nos territoires n’avaient pas attendus le changement climatique pour mettre en place, dès 1971, des actions de protection et de gestion durable de l’environnement : aires marines protégées, réserves de biosphères dans les Tuamotu, plans de gestion de l’espace maritime (PGEM) à Moorea ou à Fakarava, mais aussi volonté du Pays d’organiser l’ensemble de la ZEE de la Polynésie française en aire marine gérée.

La Polynésie ouvre la voie à de nouvelles méthodes d’éducation à l’environnement

Cette journée a permis de mettre en avant la convention de partenariat signée la veille entre le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, et la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, en vue d’exporter le concept polynésien d’aires marines éducatives, créées sur l’île de Tahuata aux Marquises. La ministre a ainsi érigé la Polynésie française en modèle, rappelant lors de son intervention que « c’est par la connaissance des océans que nous pourrons mieux les protéger ».
Sept mers, trois océans, une Europe

La députée de la Polynésie française, Maina Sage, a ainsi insisté sur la nécessité de mettre en place des stratégies participatives. « Les solutions à mettre en œuvre doivent se faire en concertation avec les populations locales », a-t-elle martelé lors de ses interventions sur la table-ronde « Objectif Océan – îles, pôles et océan, sentinelles du climat ? » organisée par GreenCross France et territoires, puis au sein du Workshop « Sept mers, trois océans, une Europe » organisé par la Conférence des Régions Périphériques Maritimes d’Europe (CRPM). Cela a été l’occasion pour l’auteur du rapport sur les conséquences du changement climatique dans les Outre-mer, produit au sein de la Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, et co-rédigé avec ses collègues parlementaires Ibrahim Aboubacar, de Mayotte, et Serge Letchimy de la Martinique, de mettre en avant la volonté de l’ensemble des territoires ultramarins d’être aux avant-postes de la lutte contre le changement climatique.

Maina Sage a souhaité enfin promouvoir les innovations locales comme le SWAC en Polynésie française, et les savoir-faire des Outre-mer en termes d’aires marines protégées traditionnelles dites rahui, d’habitat avec le fare bio climatique océanien, ou encore d’agriculture avec le jardin créole.
Le ministre de l’Environnement en Australie, Greg Hunt, a en outre émis le souhait de pouvoir nouer un partenariat avec la Polynésie française afin de relever ensemble le défi des îles et des océans dans le cadre de projets de compensation carbone et d’adaptation au changement climatique.

LDT

Source : La Dépêche de Tahiti