Dans le cadre de l’examen du rapport d’information sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, les députés Polynésiens ont présenté des amendements pour bénéficier de la Continuité au Service Public de l’Electricité (CSPE) et obtenir un rapport en vue du classement des territoires de Polynésie française en ZNI (zone non-interconnectée).

L’objectif est de promouvoir les énergies vertes et d’abaisser la facture d’électricité des Polynésiens (diminution d’environ 50 %).

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 L’Assemblée de la Polynésie française s’apprête à demander le classement de nos territoires en ZNI – zone non-interconnectée –, de manière à bénéficier, à l’instar de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la CSPE.

Depuis les deux Grenelle, la Polynésie s’est clairement positionnée pour atteindre les objectifs fixés, d’autant que sa production hydroélectrique représente environ 30 % de la production totale. En 2010, nous avons adopté un premier schéma visant à atteindre 50 % d’énergies renouvelables en 2020. Ce schéma a été modifié en 2013 sur la base de deux études dont nous avons bénéficié, l’une du cabinet Carbone 4, l’autre de la CRE.

La Polynésie a donc la chance d’avoir une vision très claire des possibles. Au-delà de l’atout que peuvent représenter les programmes d’innovation, il faut être réaliste quant à la capacité de chaque territoire à accueillir un nouveau mix énergétique. Il est impératif qu’en fin de programmation, les prix restent supportables pour l’usager. Toute la difficulté réside, me semble-t-il, dans cette équation : jusqu’où la part de l’objectif écologique peut-elle aller au regard du coût final pour la collectivité, pour l’État et pour l’usager ? Nous disposons aujourd’hui de l’ingénierie nécessaire pour mener des études sérieuses. Il serait donc souhaitable que ce texte fasse obligation à l’État de diligenter de telles études dans l’ensemble des territoires ultramarins. Nous pourrions ainsi disposer, dans un ou deux ans, d’éléments très clairs sur ce qui est possible ou non localement et nous pourrions élaborer une véritable stratégie de la transition énergétique outre-mer.

Il faut en effet savoir que certaines technologies sont encore dans une phase de recherche. Il serait plus pertinent d’adapter les programmes de recherche et d’innovation en fonction de nos contraintes géographiques et de nos particularités, ce qui permettra à chaque territoire de l’outre-mer de bénéficier des résultats de tous les autres. La Polynésie a déjà recueilli des données pouvant intéresser d’autres territoires. À l’inverse, elle s’intéresse aux projets menés ailleurs.

Pour en revenir au projet de loi, il serait en effet important de rappeler à l’article 1er, données chiffrées à l’appui, que l’outre-mer fait en grande partie la richesse environnementale de la France. On ne sait pas, par exemple, que la Polynésie représente la moitié de la surface maritime française outre-mer.

En matière de pilotage, je crois que les députés de Polynésie approuveront sans difficulté vos propositions, monsieur le rapporteur. Pour nous aussi, le dossier de la CSPE est prioritaire. 

Lire le compte-rendu de la Délégation aux outre-mer