Il aura fallu l’insistance de Maina Sage en commission, de Jean-Paul Tuaiva en séance et des entrepreneurs ultramarins réunis au sein de la Fedom pour que la défiscalisation soit prolongée jusqu’en 2025 dans les Collectivités d’outre-mer du Pacifique, contre l’avis de la ministre des Outre-mer.

La date butoir de la fin des dispositifs de la défiscalisation n’a d’ailleurs été acceptée qu’en commission, le matin même de l’examen final en séance publique à l’Assemblée nationale, ce jeudi.Car lors de l’examen en commission élargie, le 27 octobre, George Pau-Langevin s’était montrée très réservée. Ce jour-là, elle annonçait la prorogation de la défiscalisation jusqu’en 2020 et répondait, un brin agacée « Et pourquoi pas 2030 ? », lorsque Maina Sage estimait que pousser à 2025 « ne serait pas un luxe » .

Ce jeudi à la mi journée, George Pau-Langevin était auditionnée par la commission des affaires économiques du Sénat cette fois. Et sa position n’avait toujours pas changé. 2025 ? « Nous estimons ne pas avoir aujourd’hui tous les éléments pour y voir clair jusqu’à cette échéance » avançait encore la ministre des Outre-mer. Prudente et sentant la pression des entreprises ultramarines (Pierre Gattaz, président du Medef, lui a rappelé l’importance de la défiscalisation, en la croisant à l’aéroport le matin même), elle ajoutait néanmoins : « C’est le Parlement qui vote la loi, nous ne nous opposerons pas à ce qu’il décidera ».

Et c’est bien ce qui s’est produit, dans la soirée de jeudi, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. La rapporteure générale du budget, Valérie Rabault, a donné son accord, le gouvernement, par la voix du secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, a suivi et l’amendement des députés Victorin Lurel et Jean-Paul Tuaiva a été accepté. Il ne restait plus à ce dernier qu’à adresser un « un grand merci » au gouvernement pour la « bouffée d’air » offerte aux entreprises des collectivités d’outre-mer du Pacifique.

 

Source : Tahiti Infos