Trente ans après le premier tir nucléaire en Polynésie française, Maina SAGE est intervenue par voie de question orale pour interpeller le Premier ministre sur le régime d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie française.

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Monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, après cette question qui vous a enflammés, je vous demande un peu d’attention, car je vous appelle à un devoir de mémoire. Peu de gens le savent, mais nous commémorons cette semaine en Polynésie française les cinquante ans du premier tir nucléaire réalisé à Moruroa. Et je tenais à partager cela avec vous.

Le 2 juillet 1966, la France a réalisé son premier tir nucléaire, le premier d’une longue série.

Ce ne sont pas deux, trois ou dix essais nucléaires qui ont été réalisés en Polynésie, mais 193 essais nucléaires, ce qui équivaut à 700 fois Hiroshima. Trente ans de tirs aériens et souterrains…

Cette période a été marquante et a bouleversé la société polynésienne. Elle a permis à la France de se hisser au rang des plus grandes nations du monde, et la Polynésie a été entraînée dans son sillage, puisque cela a propulsé son développement économique.

Mais, cinquante ans plus tard, nous devons en assumer les conséquences, tous ensemble : des conséquences environnementales et sanitaires, mais aussi des conséquences sociales très lourdes. À ce titre, nous avons un devoir de mémoire, mais aussi de reconnaissance et de réparation.

Une loi d’indemnisation a certes été votée, mais elle n’est pas efficace. Le Président de la République s’est engagé à faire un acte fort de réparation. Monsieur le Premier ministre, je vous demande, comme à l’ensemble du Gouvernement, de venir confirmer aujourd’hui que ces actes de réparation seront bien au rendez-vous.