Maina Sage a interpellé le gouvernement sur la mesure visant à réduire le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH) à tous ceux qui disposent d’une épargne, même modeste. Une mesure contraire à l’esprit du pacte républicain.

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Monsieur le Premier ministre, l’Assemblée nationale se prononcera aujourd’hui sur la mesure du projet de loi de finances pour 2016 qui prévoit de réduire l’allocation aux adultes handicapés – AAH – pour les personnes ayant constitué une épargne, même modeste.

Le groupe UDI souhaite vous interpeller sur les conséquences humaines et sociales d’une telle décision. Pour 210 000 personnes, dont le taux d’invalidité est supérieur ou égal à 80 %, elle conduira à une baisse de leur allocation de 105 à 179 euros par mois, alors même que le montant de celle-ci reste inférieur au seuil de pauvreté ! En 2015, dix ans après le vote de la loi handicap, l’adoption de cette mesure enverrait un signal négatif aux personnes handicapées et à leurs proches et constituerait, à notre sens, une double erreur.

Cette mesure est tout d’abord contraire à l’esprit de notre pacte républicain, qui a vocation à protéger les plus fragiles et à leur offrir des conditions de vie dignes. Elle relève ensuite d’une confusion grave entre l’épargne privée, souvent constituée par les familles et les proches de la personne handicapée, et la solidarité nationale.

Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les membres du Gouvernement, l’AAH n’est pas une mesure commune, ce n’est pas le revenu de solidarité active ou le minimum vieillesse. Un bénéficiaire du RSA aura peut-être un jour une seconde chance, une seconde formation, un second métier, bref, un avenir. Les personnes handicapées devront, elles, faire face toute leur vie à leur handicap.

Très concrètement, monsieur le Premier ministre, nous vous demandons tout simplement si vous êtes prêt à retirer cette mesure.