Les trois députés polynésiens se sont mélangés à la foule de leurs collègues venus de toute l’Hexagone et d’Outre-mer pour élire le président de l’Assemblée nationale. Au sein de leurs groupes parlementaires respectifs, ils réfléchissent déjà à l’après et à la façon dont ils vont s’exprimer lorsque les députés devront voter la confiance au gouvernement.

Maina Sage, Nicole Sanquer et leur collègue de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller.

Maina Sage, Nicole Sanquer et leur collègue de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller.

« Oui, il y a beaucoup de monde, c’est une occasion précieuse d’échanger avec nos collègues, de prendre contact avec les anciens et de découvrir les nouveaux ! ». La députée Maina Sage, députée (UDI) n’est pas impressionnée par l’effervescence des grands jours à l’Assemblée nationale. Elle sait d’expérience que cette agitation va retomber lorsque le travail parlementaire entrera dans sa phase plus austère.

Mardi, une masse compacte d’élus, d’huissiers et de journalistes avait envahi le Palais-Bourbon, pour assister notamment à l’élection du président de l’Assemblée, le député La République en marche (LREM) François De Rugy. « Un signal positif, poursuit Maina Sage. J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec lui lors de la précédente mandature. J’espère maintenant qu’il veillera au respect du temps de parole de l’opposition ».

Cela fait en effet partie des missions attribuées à l’occupant du siège de président de l’Assemblée nationale, le Perchoir. Et c’est d’autant plus important pour les élus polynésiens qu’aucun d’entre eux ne fait partie du bloc majoritaire La République en marche.

Moetai Brotherson affilié GDR

Le député Moetai Brotherson a revêtu un lava-lava, mardi pour se rendre au Palais-Bourbon (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP).

Le député Moetai Brotherson a revêtu un lava-lava, mardi pour se rendre au Palais-Bourbon (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP).

Comme prévu, Maina Sage et Nicole Sanquer ont intégré le groupe UDI. Ce dernier est désormais augmenté d’une partie des Républicains, dits « constructifs », c’est-à-dire qu’ils sont prêts à voter certaines réformes du président Emmanuel Macron, s’ils estiment qu’elles vont dans le sens de leurs convictions. « J’attends le soutien de l’Etat à propos de la réforme de la protection sociale que je compte engager pour la Polynésie française comme je l’ai précisé dans mon programme », ajoute Nicole Sanquer. Une manière de dire que ce soutien à la majorité présidentielle pourrait ne pas aller sans conditions.

Une prudence que partage – pour des raisons différentes – Moetai Brotherson. L’élu indépendantiste a finalement choisi le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), lui qui était un temps annoncé aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise (FI). Ce qu’il apprécie chez GDR ce ne sont pas les communistes et pas tant les autres élus d’Outre-mer qui siègent à ses côtés que les convictions de gauche et surtout « la liberté de vote ».

Tout comme ses collègues de l’UDI, Moetai Brotherson n’a pas encore arrêté sa décision pour le vote de la semaine prochaine, sur le sujet de la confiance au gouvernement. « J’écouterai attentivement le discours de politique générale du Premier ministre et je ferai mon choix ensuite », explique-t-il. Mardi 27 juin, Moetai Brotherson a tenu à se faire remarquer une nouvelle fois par sa tenue vestimentaire.

Cette fois, il avait une chemise classique mais était vêtu d’un lava-lava, qui a attiré l’attention de la presse nationale. Dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, le Parlement aura retrouvé son ambiance austère et ses travées quasiment vides : le travail aride d’examen du Budget de l’Etat aura alors commencé et se poursuivra jusqu’au début de l’année prochaine. Les tenues traditionnelles de Moetai Brotherson feront alors peut-être partie du décor.

Source : Tahiti infos