Réunis aujourd’hui en assemblée plénière, les membres de la Commission Nationale d’Évaluation des Politiques de l’État Outre-mer (CNEPEOM) ont adopté le rapport 2015-2016 en présence d’Ericka Bareigts, Ministre des Outre-mer.

Membres de la CNEPEOM

Ce rapport public, remis au Parlement tous les deux ans, évalue les dispositifs mis en place par l’État dans les outre-mer. Les 4 thématiques retenues pour cette deuxième édition sont : la jeunesse, la dépendance et le vieillissement, la lutte contre l’habitat indigne, la culture.

Les auditions menées par les pilotes pour identifier les freins à l’action des pouvoirs publics ont ainsi permis d’élaborer plus de 80 recommandations pour en améliorer l’efficacité.

Sur la thématique Jeunesse, il a été rappelé l’importance de la prise en compte des internats dans la réussite scolaire, notamment en Polynésie.

Sur la thématique Culture, pilotée par Maina SAGE, 4 points majeurs ont été mis en avant et plus de 20 recommandations ont été formulées.

  • Diagnostic, suivi et état des lieux des infrastructures : aide au maintien et à leur maintenance, poursuite des politiques d’’acquisition d’oeuvres par les établissements culturels ;
  • Soutien à toutes les initiatives de solutions itinérantes et mobiles, adaptées aux contraintes physiques de nos territoires, ainsi qu’aux solutions dématérialisées. A ce titre, la question de la continuité numérique prend en effet tout son sens.
  • Aide à la diffusion et au rayonnement des cultures ultra-marines dans leur bassin régional et dans l’hexagone : continuité territoriale culturelle, programme ERASMUS culture et aide au fret
  • Potentiel de développement économique autour de la valorisation de nos cultures, qui font rayonner l’identité des territoires

La culture est diverse en outre-mer

Les outre-mer se caractérisent par une mosaïque de cultures, qui témoigne de l’histoire du peuplement de ces territoires, marquée par la colonisation. Cette histoire se singularise de fait par la juxtaposition de cultures autochtones, françaises – et dans un sens plus large, européennes -, africaines et régionales. Ces cultures ont évolué de manière aléatoire, se donnant des lingua franca à l’image des créoles, ou de la langue kanak par exemple, et élevant la créolisation au rang de critère culturel et linguistique commun. Ces cultures continuent à se développer en fonction des particularismes de chaque territoire, liés à leur situation géographique et environnementale mais aussi selon les tendances économiques, sociales et démographiques.

La culture ultramarine est ainsi considérée dans sa diversité et son évolution, tout comme l’est l’identité culturelle des habitants d’outre-mer, à l’instar de la définition qu’en donne le Conseil économique, social et environnemental dans son rapport de 2014 : « La culture d’un peuple, indissociable de son histoire et de sa langue, contribue à forger son identité et son imaginaire ; une identité ouverte, car toute culture se réduit et s’appauvrit sans l’apport, la confrontation ou le métissage avec d’autres cultures ».

Les politiques culturelles sont un vecteur privilégié de valorisation de ces identités propres et de l’histoire des territoires. Implantées tardivement dans les territoires d’outre-mer, elles constituent également un levier important de développement lorsqu’elles sont couplées à d’autres politiques publiques (attractivité touristique, outil de rayonnement de la France et de la francophonie, outil des politiques de l’éducation et de lutte contre l’illettrisme).

Compte tenu des spécificités auxquelles sont confrontés les territoires, le présent rapport s’attachera aux problématiques liées à l’accès à la culture des populations d’outre-mer ainsi qu’à la promotion et la reconnaissance des cultures et arts ultramarins en hexagone.