Maina Sage a interpellé la Ministre des Outre-mer sur l’annonce faite plus tôt dans la journée, lors de la présentation du projet de loi de Finances, de prêts à taux zéro pour financer les projets des collectivités Outre-mer visant à lutter contre les effets du changement climatique. Insuffisants pour leur permettre de mener à bien des politiques d’adaptation, il s’agit ici de discuter des fonds additionnels qui pourraient être débloqués.

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Madame la ministre des outre-mer, lors de la vingt-et-unième conférence des parties, la COP 21, un accord universel sans précédent a été signé, ce qui mérite d’être salué. Cet accord devrait bientôt entrer en vigueur, puisqu’une soixantaine de pays, dont les États-Unis et la Chine, l’ont ratifié, et l’Inde le fera bientôt. Dans ce contexte, vous avez demandé, dans un courrier très récent, à la Nouvelle Calédonie et à la Polynésie une contribution spécifique. Bien sûr, la Polynésie est volontaire mais elle souhaite savoir de quelle manière l’État va l’accompagner, car des budgets exceptionnels doivent être prévus pour soutenir non seulement nos politiques d’atténuation mais aussi nos politiques d’adaptation.

En effet, le changement climatique est d’ores et déjà une réalité dans nos îles. Je pense en particulier à nos atolls, qui sont des îles plates, dont le point le plus haut ne dépasse pas celui du perchoir de notre cher président ! Nous consacrons des montants faramineux à la construction d’abris de survie, qui relèvent d’ailleurs de la compétence de l’État, puisqu’il s’agit de la sécurité de la population.

Madame la ministre, vous avez annoncé des prêts à taux zéro lors de la présentation du projet de loi de finances, mais ce n’est pas suffisant pour nous. Quels fonds additionnels exceptionnels permettront notamment aux pays et territoires d’outre-mer – PTOM – de mener de vraies politiques d’adaptation ? Aujourd’hui, les PTOM sont trop autonomes et pas assez français pour accéder aux fonds nationaux et européens. En même temps, nous sommes trop français pour accéder à des fonds comme le Fonds vert. Mais le changement climatique n’a pas de frontière ! Il est tout à l’honneur de la France de soutenir les États vulnérables qui nous entourent, mais elle devrait aussi nous soutenir.